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Editorial

Editorial

Bois et architecture organique

« Architecture organique » : quelle signification ? Et pourquoi organique ? Parce que cette architecture voudrait ressembler à la nature, qu'elle souhaite imiter la nature, s'inspirer d'elle. « Copié mais jamais égalé », dit-on souvent, et ceci est parfaitement vrai concernant la Nature. Donc, cette architecture est ambitieuse car elle veut créer un mouvement qui la rapproche de la Nature, tout en restant consciente des difficultés auxquelles elle s'expose. L'origine de cette dénomination daterait de l'époque du Bauhaus quand Wright a trouvé ce mot pour désigner ainsi sa conception de l'architecture qu'il appelait alors « moderne ». Il fut l'un des précurseurs utilisant les techniques de l'époque pour définir sa vision des volumes inspirés de la nature.

Car, avant et après Wright, il y en eut beaucoup d'autres, parmi lesquels : Gaudi, Nervi, Tange, Le Corbusier, Makovecz, Gehry, pour ne citer que quelques figures de l'histoire récente de l'architecture, qui ont aimé les formes de la nature, ses courbes, ses connexions, ses composants, ses plantes, ses pierres, ses cascades, ses arbres… Relevons les guirlandes de Gaudi, les fibres de Nervi, les cascades de Wright, les coquilles de Tange, les feuilles de Gehry.

Et les arbres nous donnent le bois, ce matériau extraordinaire ! Le bois avec sa structure, sa flexibilité, ses feuilles, ses courbes. Et sa vie ! Saviez-vous que les arbres ont une vie familiale ? Qu'ils se protègent entre eux ? Qu'ils communiquent par leurs racines, et ce même entre espèces différentes ?

Oui, le bois est quelque chose de formidable. Ses qualités, ses performances ne sont plus à démontrer. Il est utilisé dans la construction des maisons depuis que l'homme s'est sédentarisé en devenant cultivateur. Au Canada existent, entre autres, des maisons en bois qui ont résisté au temps depuis le XVIIe siècle. Les pieux des fondations de Venise sont majoritairement en bois. Et le bois fut aussi utilisé pour de nombreuses autres destinations et occasions.

Et parce que les mots « écologie, non polluant, économie d'énergie, recyclage, développement durable, … » font actuellement partie du langage courant, les constructions en bois sont redécouvertes ! Heureusement ! Structures, habillages, éléments autoportants, nervures, le bois fait partie du langage architectural et est utilisé en construction sous toutes ses formes. Même de petits (tout petits) gratte-ciel en structure bois voient le jour. Et ceci, sans parler de la panoplie de maisons individuelles et autres bâtiments aux fonctions diverses partout dans le monde.

Et nous dans tout cela ?

Mes jeunes et moins jeunes collègues, après les rêves et les envols de notre fantaisie sur les bancs des écoles, nous sommes aujourd'hui encadrés par des prescriptions, des règlements, des arcanes administratives et d'autres obstacles. La cassure semble être grande entre l'enseignement et la réalité dictée par différentes règles très éloignées des « Règles de l'Art ». Mais ne désespérons pas, continuons à rêver de courbes, de pierres, de volutes, de cascades, de coquilles, sans oublier de penser au bonheur que nous espérons procurer à nos « Maîtres de l'Ouvrage ».

Et surtout rappelons-nous des « toit à deux pentes entre X et Y degrés, volumétrie articulée, baies verticales suivant la typologie des lieux, etc... ».

Cette démarche nous fera accepter la différence et s'en enrichir !

Bon courage !
 
Ludovic Borbath, architecte, membre du comité de rédaction
MDA - Maison des architectes
Editeur de la revue Architrave
En association avec l'Union Wallonne des Architectes
En association avec l'Union Wallonne des Architectes
Architectura
Collaborateur de la revue architrave