Editorial
Editorial
Dans la pratique, rien que des exceptions.
… ou si, justement, on voulait le voir comme ça ?
Prescriptions, règlementations, exigences, contraintes… S'il peut s'avérer qu'une certaine contrainte permet de développer une architecture de qualité, trop de contraintes peut finir par tuer la créativité architecturale. A trop vouloir encadrer, codifier, normaliser, légiférer, on en finit par cadenasser toute forme d'originalité. Or, pour éviter la banalité, ne convient-il pas d'envisager la singularité ? La diversité serait-elle contestée ?
Progressivement et davantage encore ces derniers temps, le rôle de l'architecte a été augmenté d'une capacité à répondre à de multiples exigences règlementaires, afin que sa production atteigne certains niveaux de performances (notamment en matière énergétique). Le suivi des procédures imposées a pour effet de concentrer les efforts sur le plan technique. Mais est-il intéressant de focaliser à ce point l'attention sur la technique ? Il ne serait pas bon de limiter le rôle de l'architecte à celui d'un simple exécutant de procédures règlementaires.
Car l'architecte est là pour bien autre chose. Il doit pouvoir dépasser les attentes d'un programme donné, pour les traduire dans des espaces de qualité. Prendre en compte toutes les composantes du contexte, sensibiliser à l'esthétique, développer une réponse qui donne une plus-value en matière d'espace et permet d'accéder à une part de rêve… Créer des lieux qui ont du sens.
En agissant ainsi, l'architecte conçoit forcément une architecture singulière, qui ne peut être que tout sauf banale. Dans la pratique, il faut tenir compte des réalités de terrain, avec encore la capacité de mise en œuvre par l'entrepreneur et le contexte budgétaire (généralement limité). Tout cela laisse à penser qu'il ne peut y avoir deux réalisations similaires et que finalement, on ne produit que des constructions uniques… Des exceptions.
Ce numéro d'architrave nous ouvre sur quelques-unes, réalisées par l'architecte Jean Cosse.
Dans bien des professions, la théorie et la pratique sont très éloignées l'une de l'autre. D'un côté, ceux qui pensent et de l'autre, ceux qui agissent… Alors que généralement des constats sont posés de façon pertinente de la part des observateurs non praticiens, les réponses développées en réaction à ces observations sont souvent inadaptées, assez lourdes à mettre en application et quelque fois irréalistes.
On attend des praticiens qu'ils veillent à la théorie (le contexte règlementaire… pour lequel les architectes sont appelés à se former constamment), autant les théoriciens devraient être sensibles aux réalités de terrain, à ce qui se passe vraiment en pratique !
Si on veut éviter d'élargir un fossé entre les théoriciens et les praticiens, il est indispensable de les amener davantage à dialoguer et mieux se comprendre. Des échanges sont-ils envisageables entre les uns et les autres ? S'ils pouvaient se rencontrer, cela faciliterait une meilleure compréhension des réalités de terrain, qui seule permet de développer un cadre règlementaire adapté à la pratique. Et cela motiverait les praticiens à appliquer des procédures et des exigences règlementaires qui répondraient davantage aux enjeux d'une architecture vraiment de qualité !
On commence tout de suite ?
André Schreuer, architecte, membre du comité de rédaction
… ou si, justement, on voulait le voir comme ça ?
Prescriptions, règlementations, exigences, contraintes… S'il peut s'avérer qu'une certaine contrainte permet de développer une architecture de qualité, trop de contraintes peut finir par tuer la créativité architecturale. A trop vouloir encadrer, codifier, normaliser, légiférer, on en finit par cadenasser toute forme d'originalité. Or, pour éviter la banalité, ne convient-il pas d'envisager la singularité ? La diversité serait-elle contestée ?
Progressivement et davantage encore ces derniers temps, le rôle de l'architecte a été augmenté d'une capacité à répondre à de multiples exigences règlementaires, afin que sa production atteigne certains niveaux de performances (notamment en matière énergétique). Le suivi des procédures imposées a pour effet de concentrer les efforts sur le plan technique. Mais est-il intéressant de focaliser à ce point l'attention sur la technique ? Il ne serait pas bon de limiter le rôle de l'architecte à celui d'un simple exécutant de procédures règlementaires.
Car l'architecte est là pour bien autre chose. Il doit pouvoir dépasser les attentes d'un programme donné, pour les traduire dans des espaces de qualité. Prendre en compte toutes les composantes du contexte, sensibiliser à l'esthétique, développer une réponse qui donne une plus-value en matière d'espace et permet d'accéder à une part de rêve… Créer des lieux qui ont du sens.
En agissant ainsi, l'architecte conçoit forcément une architecture singulière, qui ne peut être que tout sauf banale. Dans la pratique, il faut tenir compte des réalités de terrain, avec encore la capacité de mise en œuvre par l'entrepreneur et le contexte budgétaire (généralement limité). Tout cela laisse à penser qu'il ne peut y avoir deux réalisations similaires et que finalement, on ne produit que des constructions uniques… Des exceptions.
Ce numéro d'architrave nous ouvre sur quelques-unes, réalisées par l'architecte Jean Cosse.
Dans bien des professions, la théorie et la pratique sont très éloignées l'une de l'autre. D'un côté, ceux qui pensent et de l'autre, ceux qui agissent… Alors que généralement des constats sont posés de façon pertinente de la part des observateurs non praticiens, les réponses développées en réaction à ces observations sont souvent inadaptées, assez lourdes à mettre en application et quelque fois irréalistes.
On attend des praticiens qu'ils veillent à la théorie (le contexte règlementaire… pour lequel les architectes sont appelés à se former constamment), autant les théoriciens devraient être sensibles aux réalités de terrain, à ce qui se passe vraiment en pratique !
Si on veut éviter d'élargir un fossé entre les théoriciens et les praticiens, il est indispensable de les amener davantage à dialoguer et mieux se comprendre. Des échanges sont-ils envisageables entre les uns et les autres ? S'ils pouvaient se rencontrer, cela faciliterait une meilleure compréhension des réalités de terrain, qui seule permet de développer un cadre règlementaire adapté à la pratique. Et cela motiverait les praticiens à appliquer des procédures et des exigences règlementaires qui répondraient davantage aux enjeux d'une architecture vraiment de qualité !
On commence tout de suite ?
André Schreuer, architecte, membre du comité de rédaction
