Editorial
Editorial
« une société sans culture, c’est un zèbre sans rayures »
proverbe africain
Mener la direction d’une revue d’architecture en ces temps complexes est une gageure économique mais aussi un défi philosophique. Les nouvelles épreuves que l’Humanité rencontre se heurtent au repli sur soi. Chaque pays, chaque région se renferme et applique au mieux ses propres mesurettes, privilégiant avant tout le bien de sa population. Pourtant, beaucoup de leçons sont à tirer de cette crise, la solidarité, non pas entre les individus, mais bien entre les nations, ayant été mise à rude épreuve. L'objet d’un éditorial d'architrave n’est cependant pas d'émettre des considérations morales sur les conséquences d’une crise sanitaire. Je m’en garderai volontiers.
Par contre, s’il est une chose dont un directeur de revue d’architecture doit se soucier, c’est bien la dimension culturelle.
Parmi les secteurs d’activité durement touchés, le domaine culturel est certainement l’un des plus affectés. Les salles de spectacle ne peuvent plus nous accueillir, les galeries restent closes, les partenaires commerciaux se dérobent,… bref, tous les feux semblent au rouge, signifiant l’arrêt net d’un pan entier de nos vies en société. Or, quel avenir pour une société sans culture ? Ne pouvant s’accorder à l’idée que la culture soit reléguée au rang de simple divertissement, nous avons mobilisé tout ce qu’il restait comme forces et moyens pour maintenir le cap, poursuivre l’édition et faire en sorte que les outils de promotion de l’architecture dans notre pays subsistent et survivent à l’après Covid.
Depuis une décennie, nos sociétés en mutation constante se focalisent, à raison, sur les aspects durables d’un développement responsable et respectueux. Ce qui à l’évidence a eu des conséquences directes et importantes sur les concepts et les modèles architecturaux. Depuis la crise, de nouvelles donnes sont apparues. Le besoin de se recentrer, de se reconstruire un espace vital « respirable », de rectifier le cours des choses. Nous sommes en passe de réaliser que le confinement de la planète a fait plus de bien à la couche d’ozone que toutes les gesticulations d’adolescentes probablement emportées dans la tourmente. Nul doute que cette crise aura aussi des effets salutaires sur nos concepts d’habitats, sur la définition de ce qui est vital et superflu. Peut-être de la même manière que nous avons redécouvert nos potagers, nos forêts ardennaises, nos bords de mer, nos élevages,… découvrirons-nous un habitat plus sain, plus autonome, plus en phase avec l’homme et plus en harmonie avec la planète ? L’occasion de reconsidérer nos habitudes trop souvent déraisonnables. Assurément de quoi se rendre à l’évidence : rien n’est acquis !
Quoi qu’il en soit, l’espace dévolu à la culture, par ses remises en question, ses innovations, contribue à nourrir l’esprit et faire évoluer nos sociétés. La culture est aussi mue par la pensée… L’homme ne peut s'arrêter de penser…
Robert Treselj architecte, membre du comité de rédaction
proverbe africain
Mener la direction d’une revue d’architecture en ces temps complexes est une gageure économique mais aussi un défi philosophique. Les nouvelles épreuves que l’Humanité rencontre se heurtent au repli sur soi. Chaque pays, chaque région se renferme et applique au mieux ses propres mesurettes, privilégiant avant tout le bien de sa population. Pourtant, beaucoup de leçons sont à tirer de cette crise, la solidarité, non pas entre les individus, mais bien entre les nations, ayant été mise à rude épreuve. L'objet d’un éditorial d'architrave n’est cependant pas d'émettre des considérations morales sur les conséquences d’une crise sanitaire. Je m’en garderai volontiers.
Par contre, s’il est une chose dont un directeur de revue d’architecture doit se soucier, c’est bien la dimension culturelle.
Parmi les secteurs d’activité durement touchés, le domaine culturel est certainement l’un des plus affectés. Les salles de spectacle ne peuvent plus nous accueillir, les galeries restent closes, les partenaires commerciaux se dérobent,… bref, tous les feux semblent au rouge, signifiant l’arrêt net d’un pan entier de nos vies en société. Or, quel avenir pour une société sans culture ? Ne pouvant s’accorder à l’idée que la culture soit reléguée au rang de simple divertissement, nous avons mobilisé tout ce qu’il restait comme forces et moyens pour maintenir le cap, poursuivre l’édition et faire en sorte que les outils de promotion de l’architecture dans notre pays subsistent et survivent à l’après Covid.
Depuis une décennie, nos sociétés en mutation constante se focalisent, à raison, sur les aspects durables d’un développement responsable et respectueux. Ce qui à l’évidence a eu des conséquences directes et importantes sur les concepts et les modèles architecturaux. Depuis la crise, de nouvelles donnes sont apparues. Le besoin de se recentrer, de se reconstruire un espace vital « respirable », de rectifier le cours des choses. Nous sommes en passe de réaliser que le confinement de la planète a fait plus de bien à la couche d’ozone que toutes les gesticulations d’adolescentes probablement emportées dans la tourmente. Nul doute que cette crise aura aussi des effets salutaires sur nos concepts d’habitats, sur la définition de ce qui est vital et superflu. Peut-être de la même manière que nous avons redécouvert nos potagers, nos forêts ardennaises, nos bords de mer, nos élevages,… découvrirons-nous un habitat plus sain, plus autonome, plus en phase avec l’homme et plus en harmonie avec la planète ? L’occasion de reconsidérer nos habitudes trop souvent déraisonnables. Assurément de quoi se rendre à l’évidence : rien n’est acquis !
Quoi qu’il en soit, l’espace dévolu à la culture, par ses remises en question, ses innovations, contribue à nourrir l’esprit et faire évoluer nos sociétés. La culture est aussi mue par la pensée… L’homme ne peut s'arrêter de penser…
Robert Treselj architecte, membre du comité de rédaction
