Editorial
Editorial
Résilience du secteur de la construction
Les crises s’enchainent, en tirons-nous les leçons ?
La crise des subprimes a forcé les banques à plus de vigilance et a rendu l’accès à la propriété bien plus complexe. Malgré cela, le secteur de la construction s’est relevé de plus belle et quelques années prospères s’en sont suivies. Cette période d’activité économique intense a éveillé nos consciences assoupies sur les enjeux climatiques. Dès lors, presqu’en phase avec les préoccupations du moment, nos constructions se sont adaptées à l’entrée en vigueur de nouvelles exigences énergétiques.
La crise sanitaire nous a fait redécouvrir l’importance du bol d’air et du jardin, amorçant une tendance au retour vers la campagne mais aussi sur de nouvelles façons de travailler à la fois en limitant et en repensant nos déplacements. Au grand dam du sacro-saint garage, le local vélo devenant à présent prépondérant dans les exigences urbanistiques au même titre que le local poubelles lié à une gestion plus responsable des déchets.
La déferlante brutale du conflit armé sur notre continent a provoqué une crise énergétique majeure et une hausse des taux d’intérêts si spectaculaire qu’aucun pays européen n’a pu l’encaisser sans conséquences dramatiques sur le niveau de vie de ses citoyens. Pas même la puissante Union européenne n’a pu absorber le choc sans vaciller, la baisse de notre pouvoir d'achat pour seule preuve.
Il est évidemment trop tôt pour tirer les enseignements de cette dernière crise toujours en cours. Pourtant, les expériences précédentes montrent combien notre société est capable de se relever, de s’adapter et d’évoluer.
Tous s’accordent pour dire que « rien ne sera plus comme avant ». De fait, durant la décennie passée, nos logements se sont adaptés aux rigueurs budgétaires et aux contraintes énergétiques. En Belgique, nous avions les plus vastes logements de l’Union européenne, seul Chypre nous devançait. Force est de constater que des surfaces plus mesurées et mieux adaptées à nos besoins réels se sont imposées. Pour autant, cela ne signifie nullement que ce soit au détriment de la qualité des espaces de vie ou en bradant la qualité des constructions. Je dirais même qu’il en est tout du contraire.
Qu’en sera-t-il au sortir de la guerre en cours ? Probablement que les cartes seront rebattues et que l’équilibre des puissances sera revu. Serons-nous, Union européenne, toujours une puissance économique ? Resterons-nous un éternel nain politique ? Nul ne le sait. Pourtant, si la demande en logements reste forte et que nos bureaux regorgent de travail, ce dernier n’est-il déjà pas d'une autre nature ? Il y a de plus en plus de demandes d’investisseurs et de moins en moins de demandes de particuliers. Cela signifie-t-il déjà que la nature du donneur d’ordre a évolué ? Probablement. Il est pratiquement acquis qu’il y aura de moins en moins de propriétaires et de plus en plus de locataires. La hausse récente des taux d’intérêts conjuguée à la hausse plus que significative des coûts de construction ne fait qu’accélérer le mouvement en cours initié par la crise des subprimes. Si jusque là nous étions les champions en pourcentage de propriétaires (75 % de propriétaires en Belgique), cette proportion fond au rythme de la banquise. La tendance étant à l’équilibre 50/50 comme chez nos voisins allemands. Cet équilibre est certes un gage de stabilité des loyers, par le simple fait de l’offre correspondant à la demande. Sauf qu’en l’occurrence, faute de pouvoir accéder à un prêt hypothécaire, la demande locative sera si forte et le coût de construction si élevé que cela accentuera d’autant plus la hausse déjà entamée du coût des loyers.
Ce constat est inquiétant, pourtant gageons qu’une partie de la solution se trouve peut-être aussi dans nos bureaux ?
Robert Treselj, architecte et membre du comité de rédaction
Les crises s’enchainent, en tirons-nous les leçons ?
La crise des subprimes a forcé les banques à plus de vigilance et a rendu l’accès à la propriété bien plus complexe. Malgré cela, le secteur de la construction s’est relevé de plus belle et quelques années prospères s’en sont suivies. Cette période d’activité économique intense a éveillé nos consciences assoupies sur les enjeux climatiques. Dès lors, presqu’en phase avec les préoccupations du moment, nos constructions se sont adaptées à l’entrée en vigueur de nouvelles exigences énergétiques.
La crise sanitaire nous a fait redécouvrir l’importance du bol d’air et du jardin, amorçant une tendance au retour vers la campagne mais aussi sur de nouvelles façons de travailler à la fois en limitant et en repensant nos déplacements. Au grand dam du sacro-saint garage, le local vélo devenant à présent prépondérant dans les exigences urbanistiques au même titre que le local poubelles lié à une gestion plus responsable des déchets.
La déferlante brutale du conflit armé sur notre continent a provoqué une crise énergétique majeure et une hausse des taux d’intérêts si spectaculaire qu’aucun pays européen n’a pu l’encaisser sans conséquences dramatiques sur le niveau de vie de ses citoyens. Pas même la puissante Union européenne n’a pu absorber le choc sans vaciller, la baisse de notre pouvoir d'achat pour seule preuve.
Il est évidemment trop tôt pour tirer les enseignements de cette dernière crise toujours en cours. Pourtant, les expériences précédentes montrent combien notre société est capable de se relever, de s’adapter et d’évoluer.
Tous s’accordent pour dire que « rien ne sera plus comme avant ». De fait, durant la décennie passée, nos logements se sont adaptés aux rigueurs budgétaires et aux contraintes énergétiques. En Belgique, nous avions les plus vastes logements de l’Union européenne, seul Chypre nous devançait. Force est de constater que des surfaces plus mesurées et mieux adaptées à nos besoins réels se sont imposées. Pour autant, cela ne signifie nullement que ce soit au détriment de la qualité des espaces de vie ou en bradant la qualité des constructions. Je dirais même qu’il en est tout du contraire.
Qu’en sera-t-il au sortir de la guerre en cours ? Probablement que les cartes seront rebattues et que l’équilibre des puissances sera revu. Serons-nous, Union européenne, toujours une puissance économique ? Resterons-nous un éternel nain politique ? Nul ne le sait. Pourtant, si la demande en logements reste forte et que nos bureaux regorgent de travail, ce dernier n’est-il déjà pas d'une autre nature ? Il y a de plus en plus de demandes d’investisseurs et de moins en moins de demandes de particuliers. Cela signifie-t-il déjà que la nature du donneur d’ordre a évolué ? Probablement. Il est pratiquement acquis qu’il y aura de moins en moins de propriétaires et de plus en plus de locataires. La hausse récente des taux d’intérêts conjuguée à la hausse plus que significative des coûts de construction ne fait qu’accélérer le mouvement en cours initié par la crise des subprimes. Si jusque là nous étions les champions en pourcentage de propriétaires (75 % de propriétaires en Belgique), cette proportion fond au rythme de la banquise. La tendance étant à l’équilibre 50/50 comme chez nos voisins allemands. Cet équilibre est certes un gage de stabilité des loyers, par le simple fait de l’offre correspondant à la demande. Sauf qu’en l’occurrence, faute de pouvoir accéder à un prêt hypothécaire, la demande locative sera si forte et le coût de construction si élevé que cela accentuera d’autant plus la hausse déjà entamée du coût des loyers.
Ce constat est inquiétant, pourtant gageons qu’une partie de la solution se trouve peut-être aussi dans nos bureaux ?
Robert Treselj, architecte et membre du comité de rédaction
